Pourtant, Google Maps n’est pas exhaustif ! Des navettes locales, téléphériques, lignes saisonnières, transports à la demande ou services touristiques peuvent exister sans être intégrés à ses calculs.
Une destination peut donc être bien mieux desservie qu’elle ne le paraît en ligne. Voyons comment l’exhaustivité des données de transport peut contribuer à améliorer son accessibilité.
Des données de transports non-référencées rendent une destination moins accessible
Une offre absente des calculateurs d’itinéraire est invisible au visiteur
Si une solution de déplacement possible n’apparaît pas dans les résultats d’un calculateur d’itinéraire, elle sera quasiment invisible pour les visiteurs. Quasiment parce qu’une fois sur place, le visiteur pourrait éventuellement découvrir l’information auprès d’un office de tourisme, dans une brochure ou grâce aux conseils d’un local. Mais qu’en est-il au moment de préparer son séjour en ligne ? Qu’en est-il des visiteurs qui se renseignent, organisent leurs déplacements et s’orientent uniquement à l’aide d’outils digitaux ? En somme, une offre peut être opérationnelle sur le terrain et rester totalement invisible au moment où le voyageur choisit sa destination, son hébergement ou ses activités.
La confiance accordée aux calculateurs d’itinéraires, et particulièrement à Google Maps, favorise ce raccourci mental fréquent : « Mon application ne trouve rien, donc rien n’existe. » Cette absence de résultat peut entraîner : l’abandon d’une visite, le recours automatique à la voiture, le choix d’une autre destination ou une perception erronée de l’enclavement du territoire, par exemple.
Accessibilité réelle VS accessibilité perçue : un écart décisif des destinations
Voilà un vrai point d’attention pour les territoires. Distinguons bien :
- l’accessibilité réelle, qui correspond aux solutions réelles existantes et disponibles ;
- de l’accessibilité perçue, qui correspond aux solutions que le visiteur parvient à identifier, comprendre et utiliser.
Une destination peut donc être mieux desservie qu’elle n’en a l’air au regard des données en ligne mises à la disposition des visiteurs. Dans ce cas, c’est un vrai désavantage touristique qui pourra jouer en défaveur de la fréquentation de la destination.
Pourquoi les données de transport sont-elles dispersées ou incomplètes ?
Des données réparties entre de nombreux acteurs du territoire
Organisatrices de la Mobilité (AOM). Il s’agit le plus souvent de collectivités territoriales, comme les Régions ou les Agglomérations, mais aussi parfois d’acteurs privés : entreprises de transport collectif, PME locales ou encore chauffeurs indépendants, notamment pour certaines offres saisonnières.
Quel que soit leur statut, ces acteurs ont la responsabilité de rendre leurs données accessibles en open data. Pourtant, toutes ne sont pas systématiquement publiées, structurées ou mises à jour.
De leur côté, les offices de tourisme, de plus en plus sensibilisés aux enjeux de mobilité, peuvent relayer certaines informations auprès des visiteurs. Mais, faute de données facilement disponibles, chacun compose parfois avec ses propres moyens, ses formats, ses supports et son rythme de mise à jour.
C’est cette dispersion des sources et des pratiques qui complique la construction d’une vision globale, fiable et cohérente de l’offre de transport disponible sur le territoire.
Des services de transport difficiles à intégrer aux calculateurs généralistes
Certaines offres de transports, secondaires ou plus locales, sont plus complexes à référencer en raison :
- de leur saisonnalité
- de fréquences variables
- de réservations obligatoires
- de conditions particulières pour le transport des vélos
- de changements annuels
- d’informations uniquement disponibles sur une page web ou dans un document PDF
À cela on ajoute une autre difficulté très concrète pour les chargés de mobilité : la quantité de données à rassembler, vérifier, traiter et maintenir dans le temps.
Une information de transport disponible, n’est pas toujours une donnée exploitable
Une fiche pratique publiée sur un site touristique peut informer le visiteur qui parvient à la trouver. En revanche, pour qu’un calculateur d’itinéraire puisse intégrer une solution de mobilité à ses résultats, l’information doit être structurée, standardisée et techniquement exploitable. Une donnée structurée peut alimenter plusieurs outils, calculateurs et plateformes. A contrario, une information isolée dans une brochure ou un PDF reste beaucoup plus difficile à diffuser largement. Pour rendre l’offre de mobilité réellement visible, il faut organiser l’exhaustivité des données de transport.
L’exhaustivité des données de transport c’est quoi au juste ?
1- Recenser toutes les solutions utiles au parcours touristique
L’exhaustivité consiste à identifier toutes les solutions de transport pertinentes qui existent sur un territoire, ainsi que les données qui leur sont associées, pour permettre au visiteur d’effectuer tous les déplacements de son séjour, du premier au dernier kilomètre. Il s’agit donc bien de recenser les grandes lignes ferroviaires et réseaux urbains, mais sans oublier l’ensemble des solutions susceptibles de participer au parcours touristique.
Dans cet article, on partage un prompt type à personnaliser pour faire un premier état des lieux de la mobilité et de l’accessibilité perçue de votre territoire.
2- Qualifier les données de transport pour les rendre utilisables
Une donnée complète doit notamment préciser les informations basiques :
- les arrêts et les itinéraires
- les horaires
- les périodes de circulation
- les tarifs
mais également aller plus loin avec des informations essentielles au visiteur :
- les conditions de réservation
- les informations d’accessibilité
- les conditions de transport des vélos
- les correspondances possibles,
- …etc
L’exhaustivité ne repose pas uniquement sur le nombre de solutions recensées. Elle dépend aussi de la qualité et de la précision des informations associées.
3- Actualiser les données de transport pour préserver leur fiabilité
Enfin, l’exhaustivité n’est jamais définitivement acquise. Elle suppose en fait une gestion efficace de la donnée :
- des mises à jour régulières
- une attention particulière aux offres saisonnières
- une vérification des changements d’horaires,ou de conditions d’accès,
- une conformité au format de données GTFS ou Netex
Car, oui, une donnée obsolète est aussi problématique qu’une donnée absente.
Alors, comment l’exhaustivité des données de transport améliore-t-elle concrètement l’accessibilité de la destination ?
Enrichir les itinéraires proposés aux visiteurs
Chez Loopi, nous avons fait l’exercice en prenant l’exemple du département de l’Isère, territoire montagneux équipé du MaaS et du calculateur d’itinéraire Loopi. Google Maps propose un trajet en bus d’1h40 pour rejoindre un point A à un point B donné. Loopi identifie en revanche un itinéraire multimodal combinant un téléphérique et une courte marche permettant de réaliser le même déplacement en seulement 37 minutes. À condition que le chemin se fasse à une période d’ouverture du téléphérique.
La différence tient à la richesse des solutions connues et disponibles dans les données du calculateur. La pertinence d’un itinéraire dépend directement de l’exhaustivité des options de déplacement qu’il peut comparer.
Ce sont aussi les différents paramètres (les tolérances de temps et de distances) du calculateur qui permettent à l’algorithme du calculateur de balayer toutes les solutions, bien plus vite qu’un humain ne peut le faire.
Faciliter le passage de l’intention à la réservation du séjour
Une information de mobilité complète va pouvoir concrètement aider le visiteur à :
- se projeter dans un séjour sans voiture
- comparer les alternatives
- organiser ses correspondances
- choisir son hébergement
- sélectionner ses activités
- gagner du temps pour s’organiser
En plus de la qualité et de l’exhaustivité de la donnée de transport et mobilité, la manière dont elle est diffusée compte énormément. On y a même dédié un article : « De la séduction à l’action : la mobilité comme clé du passage à l’action touristique ».
Valoriser les investissements des territoires en matière de mobilité
Un service de mobilité dans lequel le territoire a investi (au bas mot plusieurs centaines de milliers d’euros), mais qui est invisible aux yeux des visiteurs, ne peut logiquement pas contribuer à améliorer l’accessibilité de la destination ni même encourager des déplacements plus durables. Une meilleure diffusion des données va donc permettre d’augmenter :
- la visibilité du service
- son utilisation
- la fréquentation des sites desservis
- la répartition des flux de visiteurs
- la rentabilité ou la justification de l’investissement
L’exhaustivité des transports qui sert au visiteur permet ainsi aux territoires de valoriser les investissements publics.
Mais, encore faut-il ensuite transformer cette donnée en itinéraires simples, sécurisés et directement utilisables par les visiteurs. C’est le rôle du MaaS touristique.
Du traitement des données au MaaS touristique
Compiler les offres de transport, mais encore ?
Un MaaS touristique (« Mobilité Améliorée par Association de Services ») doit compiler une liste de solutions de transport, mais surtout, il doit être capable de :
- croiser ces différents modes de transport
- proposer des combinaisons intermodales cohérentes
- intégrer les mobilités douces telles que la marche et le vélo
- tenir compte des horaires
- prendre en considération la saisonnalité
- relier les mobilités aux lieux touristiques
La valeur du MaaS réside dans sa capacité à transformer une masse de données dispersées en itinéraires compréhensibles et directement utilisables. Plus encore dans le cas de parcours touristiques.
Proposer des itinéraires à partir des usages touristiques
Le besoin d’un visiteur ne se restreint jamais à chercher comment se rendre d’un arrêt à un autre. Il cherche plus précisément à rejoindre un hébergement, un départ de randonnée, un musée, une plage, un événement, un restaurant ou une activité.
Le MaaS touristique Loopi : intégrer les transports touristiques aux calculs d’itinéraires
Les calculateurs d’itinéraires et MaaS généralistes intègrent en priorité les transports du quotidien. C’est logique puisque les réseaux urbains et les lignes régulières sont les plus empruntés chaque jour et représentent la majorité des déplacements et des volumes d’usagers. Mais cette couverture-ci ne suffit souvent pas à répondre aux besoins spécifiques d’un visiteur en quête de découverte du territoire.
Le MaaS touristique Loopi vient ainsi compléter ces données, en proposant d’intégrer aussi les horaires, les arrêts et les conditions d’utilisation de solutions plus spécifiques au tourisme, par exemple :
- les navettes saisonnières
- les téléphériques et autres transports par câble
- les bateaux et navettes maritimes ou fluviales
- les trains touristiques
- les transports à la demande
- les autres services locaux utiles à l’accès aux sites
En volume, ces offres peuvent ne représenter qu’une faible part de l’ensemble des transports d’un territoire. Pourtant, leur intégration peut faire toute la différence dans le calcul d’un itinéraire : révéler une solution jusqu’alors inexistante dans un calculateur généraliste, raccourcir fortement un trajet ou rendre accessible sans voiture un site qui semblait jusque-là difficile à rejoindre.
En ajoutant cette dernière couche de données, parfois décisive dans le parcours du visiteur, le MaaS touristique peut réellement tendre vers l’exhaustivité. C’est la vision portée par Loopi et l’une des promesses de son MaaS touristique : rechercher l’exhaustivité des solutions de mobilité pour mieux servir l’accessibilité des destinations touristiques.
« Avant de trouver Loopi, on se confrontait à des solutions qui n’étaient pas plus performantes que Google, ou bien à des coûts faramineux. »
Elisa But, chargée de développement mobilité douce chez Isère Attractivité
Partager les données de transport et mobilité
Bien sûr, Loopi n’a pas vocation à enfermer les données dans son propre écosystème, ni à prétendre remplacer Google Maps dans son usage du quotidien. Notre ambition est ailleurs. En travaillant à l’ouverture et au partage des données, lorsque cela est pertinent, l’enrichissement des données de transports peut également bénéficier à d’autres services et calculateurs qui réutilisent ces données rendues publiques.
Cette démarche répond à une valeur forte de Loopi : le partage de la donnée dans une volonté d’avancée collective vers une mobilité touristique plus durable.
L’objectif n’est donc pas seulement pour nous d’accompagner les territoires dans l’amélioration de leurs itinéraires proposés dans les outils Loopi (la carte interactive touristique notamment), mais de contribuer à une meilleure diffusion des informations de mobilité pour permettre au plus grand nombre d’arriver à destination et de s’y déplacer efficacement.
De l’offre disponible à la mobilité accessible des destinations touristiques
Pour conclure : améliorer l’accessibilité d’une destination ne consiste pas uniquement à créer de nouvelles offres de mobilité et transport. D’ailleurs bien souvent, bon nombre d’infrastructures et solutions existent dans vos territoires : trains, bus, bateaux, téléphériques etc. Non, l’accessibilité c’est aussi, et surtout, se saisir du sujet stratégique de la gestion des données ! Cela commence donc par recenser, structurer, actualiser et diffuser efficacement ces solutions déjà disponibles pour assurer la présence de l’exhaustivité des données de transport et ainsi pouvoir proposer aux visiteurs des itinéraires plus précis, plus efficaces, plus durables.
Une destination accessible est une destination dont les transports sont présents sur le terrain, mais aussi bien visibles, compréhensibles et mobilisables dans le parcours du visiteur.
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